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Historique

Bien avant l’ACRHO

Les origines de notre sport sont très lointaines. Jadis, il préparait à la guerre : faire avec des hommes communs des soldats courageux prêts à tuer ou se faire tuer pour le bien-être de quelques-uns.

L’élite sportive servait surtout d’exemple à suivre. Et pour mieux montrer l’exemple, on a construit des stades où le commun des mortels pouvait applaudir ses idoles.

Aujourd’hui, on construit encore beaucoup de stades où quelques dizaines de milliers de spectateurs peuvent applaudir entre deux et vingt-deux dieux du stade.

Sur les champs de bataille, la technologie a remplacé la chair à canon.

Les guerres existent toujours mais on les a éloignées du monde moderne et loin des cris des victimes, le sport est devenu un loisir parfois lucratif grâce à ceux qui préfèrent regarder parce qu’ils ne savent pas ou simplement parce qu’ils ne peuvent plus.

Juste avant l’ACRHO

La vie moderne a éloigné l’homme de la nature. Devenu comme la machine qu’il avait inventée, il s’est robotisé obéissant aux lois du progrès et de la rentabilité universelle.

Et puis un jour, fatigué de sa vie sédentaire, de ses cadences infernales, d’un rythme inhumain imposé par une société de consommation dévorante, l’Homo Sapiens a eu besoin de retrouver son milieu d’origine. Petit à petit il s’est retrouvé hors des murs qui le clouaient sur un anneau rectiligne. Il s’est arrêté de tourner en rond, il a quitté les sentiers battus.

Dans les années 60, l’économie était en pleine progression. A ce moment, quelques sportifs se risquaient à mettre le pied hors du stade. La mode du jogging réduisait les embonpoints et équilibrait le corps et les sens des humains retrouvant l’utilité de leurs jambes pour redécouvrir le milieu naturel.

Notre région allait connaître elle aussi ce mythe du retour à la nature. A côté des prestigieux clubs d’athlétisme qui alternaient selon les saisons, pistes en cendrée et prairies boueuses, quelques illuminés faisaient courir leurs émules sur la route provoquant curiosité et hilarité des passants.

Les rares épreuves étaient annoncées au compte-gouttes. On devait rechercher l’information, être à l’affût des annonces dans les journaux faute de rater l’invitation.

La qualité des épreuves était parfois discutable : fléchage, signalisation, kilométrage, chronométrage, vestiaires, classement et même parfois buvette faisaient parfois défaut.

La participation était souvent réduite. Les double-emplois alternaient avec les week-ends creux. Mais quelques épreuves avaient gagné leurs galons et devenaient des rendez-vous incontournables de la saison.

Et l’ACRHO fut

En cette année-là, les trente kilomètres d’ESPLECHIN étaient organisés au printemps. Dans un petit groupe de jeunes coureurs qui participent à l’édition 1983, on devise gentiment en attendant l’interminable montée de LAMAIN qui précède la fameuse antenne de FROIDMONT.

Soudain dans un élan euphorique avec un rien d’inconscience, quelqu’un lance l’idée d’un classement général.

A la troisième mi-temps, on se retrouve autour d’un bon verre à la buvette du FC ESPLECHIN. On fait l’appel des organisateurs présents : cinq épreuves figurent au calendrier 1983. L’Amicale des courses sur route du Hainaut occidental est conçue dans un moment de plaisir intense d’après course.

Avec l’obligation de participation, ils ne seront qu’une trentaine à se classer à l’issue de la création. Mais au prix de quelques souffrances, le divin ACRHO était né.

Bien relayé par le Courrier de l’Escaut, le challenge commence une croissance dès son coup d’envoi. En fin d’année, un souper amical réunit les lauréats à ESPLECHIN. Il jette les bases du challenge suivant.

L’année suivante on passe à quatorze épreuves et en 1985 on arrive à mettre vingt courses sur pied. On décide de patronner les épreuves qui respectent les critères de qualité.

C’est le début d’une longue histoire : celui d’un succès parfois envié, voire contesté, mais rarement égalé. Les raisons sont somme toutes très simples.

La recette de l’ACRHO

On a souvent parlé de la solitude du coureur de fond. Ce qui est vrai toute la semaine ne l’est plus le week-end : quel moyen de communication extraordinaire entre les personnes les plus diverses. En vingt ans, on a pu observer, connaître ou lier amitié avec à peu près toute la gamme de l’espèce humaine : des champions vrais ou faux, des jeunes fougueux, des vieux nostalgiques, des mystiques, des bons vivants, des raisonnables, des fous, des gentils, des méchants, des courageux, des fainéants, des sous-doués, des surdoués, des amadoués, des survoltés, des beaux, des laids, des longs, des courts, des maigres, des gros et rarement des plus gros.

On ne peut dès lors pas exécuter un portrait type du coureur. Prendre efficacement en charge cette surprenante diversité c’est cela le secret de la réussite ACRHO : la course à pied de qualité organisée pour tous les coureurs.

La recette a fait ses preuves, on peut encore améliorer la qualité des ingrédients sans la changer. Changer les principes, c’est risqué.

L’esprit du challenge grâce à ses critères de qualité fait de l’ACRHO un moyen formidable de loisir.

L’ACRHO, gérée de manière démocratique par les organisateurs, existera tant que les principes de base ne seront pas remis en question. Le challenge appartient à ceux qui le font vivre. Il est important qu’ils puissent un jour transmettre ce patrimoine aux jeunes générations futures des coureurs du Hainaut Occidental.

La porte est grande ouverte aux représentants du futur : qu’ils viennent épauler puis remplacer ceux qui ont fondé l’ACRHO, puis ceux qui ont entretenu et renforcé l’esprit des pionniers.

Alors un jour, tous ceux qui auront participé à cette magnifique œuvre collective pourront regarder avec fierté et admiration, grandir cet arbre qui est le fruit de leur amitié.

Luc Vansaingèle; président d'honneur.

CNDK